Comment j’ai trouvé un job à New York

Bon bon bon, je sais que je m’étais engagée à tenir ce blog avec sérieux et je sais que je suis loin de publier régulièrement et avec fidélité comme je le souhaitais. Mais la vie new yorkaise prend toujours le dessus et depuis que je travaille, il m’est encore plus difficile qu’avant de trouver le temps de faire les choses bien. En parlant de travail, j’ai reçu de nombreux emails de la part de mes lecteurs me posant pas mal de questions sur le process et la recherche, je me suis donc dit que j’allais favoriser un article utile pour me remettre aux manettes de ce blog!

Comme je vous l’expliquais ici, j’ai la chance d’être porteuse d’un visa L2, qui permet au conjoint du primary holder (celui qui est muté donc) de travailler! Et avoir le droit de travailler aux Etats-Unis, ce n’est pas donné à tout le monde, il suffit de s’immerger dans n’importe quel cercle d’expats et la première question tourne souvent autour de « et toi, t’as quel visa? t’as le droit de travailler? » (ce qui,si vous répondez à l’affirmative vous donne généralement le droit à un regard d’envie). C’est donc censé être une chance mais c’est aussi le début d’un parcours du combattant où il faut s’armer plus que jamais de patience, de courage et aussi de culot!

Les outils de recherche d’emploi

Par où commencer quand on cherche un boulot à l’étranger? Déjà, attendez bien d’avoir obtenu votre EAD (autorisation de travail, je vous explique les démarches ici), car les délais étant variables, vous risqueriez de vous voir offrir un poste que vous ne pourriez pas accepter (comme pour la recherche de logement, tout est plus rapide aux USA, on peut donc vous embaucher quasi du jour au lendemain, et sans EAD ce n’est même pas la peine d’y penser! J’ai par exemple commencé à travailler un lundi quand mon deuxième entretien était le vendredi d’avant). Ensuite, mettez bien à jour votre profil LinkedIn, en anglais, cela peut toujours servir puisqu’il y a quand même des réseaux de chasseurs de tête à New York, mais tout dépend vraiment du secteur dans lequel vous recherchez. Pas mal d’annonces sur LinkedIn d’ailleurs, mais j’ai pour ma part concentré mes recherches sur trois sites de partage d’annonces principalement:

  • Indeed : site d’offres très variées, vous pouvez programmer une alerte email quotidienne avec les nouvelles offres selon des mots-clés personnalisés (euh « French » par exemple pour commencer).
  • Idealist: comme je cherchais dans le milieu des non-profit et le secteur culturel, ce site permet de trouver toutes sortes de job en ONG ou associations.
  • NYFA: un site qui propose des offres dans le secteur culturel uniquement (c’est sur celui-ci que j’ai trouvé mon boulot!).

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Le processus de candidature:

Je ne vais pas vous refaire une séance coaching « comment trouver du boulot en 10 jours » ou « le CV pour les nuls » mais pour ceux qui auraient besoin d’une petite aide pour remettre à jour leur CV American style ou qui se demandent quelles sont les règles de l’art de la rédaction de la lettre de motivation en anglais, vous pouvez suivre ces petits cours en ligne qui sont gratuits et hyper bien faits (n’hésitez d’ailleurs pas à piocher dans leurs cours d’anglais pour ceux qui sentent qu’une remise à niveau pourrait servir).

How to Succeed at: Writing Applications

How to Succeed at: Interviews

Net That Job: How to Write a CV Online

Un podcast pour obtenir des conseils sur la rédaction du CV en anglais

Quelques tips du côté du British Council 

Un conseil principal: identifiez et prenez bien en compte les mots-clés des annonces et essayez au maximum de les remettre dans votre CV et lettre de motivation. Aux Etats-Unis plus que partout ailleurs, les employeurs utilisent des logiciels de pré-tris des candidatures et si les principaux mots-clés ne figurent pas dans votre candidature, vous aurez peu de chances de passer la barrière robot avant de parler à un humain!

Mes conseils personnels

Une fois que vous aurez saisi les règles de base concernant l’écriture des candidatures, reste mon vécu et c’est surement ce que j’ai de plus intéressant à partager avec vous. De façon générale, j’ai d’abord remarqué qu’il ne fallait pas être dans la retenue aux USA: évidemment, vous n’allez pas vous vanter d’être le best candidate ever for this job, mais oubliez un peu la pudeur à la française. Aux Etats-Unis, il ne faut pas hésiter à énumérer ses skills, à se montrer particulièrement enthousiaste pour le poste, à networker (juste avant de trouver mon poste, je m’étais enfin décidée à me faire des cartes de visite personnelles et à me dire, du fin fond de mon état de désespoir « allez va à des événéments, présente toi, donne ta carte » beurk, ce n’était franchement pas une idée qui m’enchantait des masses). Le networking peut aussi passer par un contact (rencontré dans la vraie vie ou sur LinkedIn si vous tombez sur un inconnu qui veut bien vous aider) qui vous introduira ensuite à une personne qui sera  votre point d’entrée éventuel dans une boite. Les Américains sont généreux sur ce plan-là et à force de répéter à tout bout de champs que vous cherchez du travail, certains peuvent penser à des gens qui sauraient vous aider.

Aussi, passé un certain point de galère de recherches, je crois qu’il ne faut pas hésiter à ouvrir ses horizons et à abaisser ses attentes. Ne pas en attendre trop en termes de niveau de poste, de salaire, être prêt à une éventuelle reconversion? Certains n’en arriveront peut-être pas là mais pour moi la question du travail était quasiment vitale. Atterir dans un nouveau pays où l’on ne connait d’abord personne, sans travailler et qui plus est dans l’une des villes les plus chères au monde? Il y a de quoi en prendre parfois un sacré coup au moral. La question qui m’angoissait le plus au départ, c’était « bon je fais quoi aujourd’hui? » quand je me réveillais toute seule chaque matin. Allez bon, je ne cherche pas non plus à donner des envies suicidaires aux gens qui sont actuellement dans cette situation mais je préfère la décrire avec honnêteté, parce que souvent les gens idéalisent notre vie d’expatriés sans vraiment réaliser le nombre de challenges que cela peut représenter et la force morale que cela demande parfois.

Cependant, il ne faut JAMAIS se décourager, mais tout en gardant une certaine indulgence vis-à-vis de soi-même (sinon c’est la dépression assurée héhé). Si cela peut en aider certains, voilà grosso modo mon parcours (ma vie, mon oeuvre, non je déconne):

-On est arrivés à New York en novembre 2015. J’ai demandé mon autorisation de travail direct et je l’ai reçue en février 2016.

-Entre temps, comme je ne voulais pas être désoeuvrée pendant les 3 mois que demandent l’arrivée de l’EAD (et on m’avait dit que ça pouvait prendre plus de temps, alors l’angoisse d’office!), j’ai trouvé un stage (c’est aussi de ça que je parle quand je dis qu’il ne faut pas hésiter à avoir un peu moins d’attentes, il faut ce qu’il faut pour se lancer et il ne faut pas oublier qu’on repart presque de zéro ici) que j’ai fait de février à juin.

-Pendant le stage, j’ai reçu mon EAD donc et j’ai commencé à postuler d’abord à des jobs qui me correspondaient vraiment et en restant ambitieuse. J’ai décroché plusieurs entretiens (pour 5 postes différents pour être transparente), la plupart n’ont pas abouti, l’un aurait presque pu marcher mais comme c’était en instance diplomatique, ils n’acceptaient pas le visa L2. Sachez-le d’ailleurs si vous êtes tentés par une carrière à l’ONU, Alliance Française ou Consulat, il faut maintenant absolument avoir une green card ou un visa diplomate, mais pas la peine de postuler avec un L2 qui est dorénavant éliminatoire!

-En juillet, je suis rentrée presque un mois en France, un peu découragée (c’est là que je dis qu’il faut être sympa avec soi-même, j’avais besoin et envie de rentrer à ce moment-là et je l’ai fait, ce qui m’a reboostée à bloc à mon retour). Je reviens à New York fin juillet avec le projet de continuer à donner des cours de français (j’avais fait pas mal de tutoring en Australie et j’ai repris ici), j’envisage pourquoi pas de passer le diplôme du FLE (Française Langue Etrangère) comme beaucoup d’expats en reconversion, avec quelques idées de projet en tête, dont celui de devenir guide touristique à New York (pendant 10 mois, j’avais pris le temps d’examiner la ville en long en large et en travers et je sentais que c’était une reconversion qui pouvait carrément me plaire). Je continue quand même à envoyer deux-trois candidatures ça et là sans trop y croire et bim, surprise, fin août après deux entretiens, je décroche mon job (dans le secteur culturel en plus!).

J’aurais mis en tout et pour tout 10 mois pour trouver un vrai boulot. Après, il y a bien sur l’adaptation en entreprise américaine, le travail dans une langue étrangère et toutes sortes d’autres obstacles culturels à surmonter, mais celà sera l’objet d’un autre article peut-être!

Pour conclure donc, il ne faut pas se décourager, jamais, tout tenter puis peut-être réduire un peu le champs et les expectatives après les premiers entretiens, se préparer le mieux possible (il existe aussi des cours de coaching pour ceux qui en sentiraient le besoin), crier sur tous les toits que vous cherchez un boulot, et être cool avec soi (profitez aussi de ce temps pour faire tout ce que vous n’avez jamais le temps de faire normalement, pour construire un réseau social, pour découvrir à fond tout ce que cette ville a de merveilleux à offrir – et gratuitement en plus grâce à la IDNYC dont je vous parle ici).

Pour ceux qui aimeraient lire sur une autre expérience de recherche de boulot à New York, je vous conseille grandement l’interview de ma copine Carole qui travaille pour une ONG dans le Bronx!

Alors courage à tous, je serai ravie de répondre à vos questions si besoin et surtout, n’oubliez jamais: « vous êtes des pros! »

 

 

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Une réflexion sur “Comment j’ai trouvé un job à New York

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